Culture

Calligraphie arabe : Brahim Karim

Brahim Karim

La calligraphie (arabe : الخط), ou art de bien écrire, est considérée comme l’une des formes d’art les plus importantes dans le monde islamique depuis les origines. On la trouve sur tous types de supports : livres sacrés et profanes, mais aussi architectures, céramiques, métaux, bois, verres, etc. Alors que la calligraphie avait pour but originel d’améliorer les techniques d’écriture, afin de rendre l’écriture arabe claire et lisible, elle s’est progressivement complexifiée, et sa forme plastique a pris le pas sur le sens même de l’écrit. Pour apprendre la calligraphie arabe, il faut d’abord une grande patience, un véritable désir d’apprentissage et du matériel : le kalam autrement dit un roseau taillé spécialement en vue de pratiquer la calligraphie, le papier et l’encre spéciale calligraphie (ce matériel se vend dans pratiquement toutes les villes du monde).

On compte de nombreux styles calligraphiques, divisés en deux grandes catégories : le kufique, aux caractères angulaires, qui naît très tôt avec l’écriture hijazi des premiers Corans et se développe, tant en Égypte qu’en Iran et le cursif, aux caractères déliés. Ces deux grands types varient énormément, selon le pays et l’époque où ils sont employés. On peut citer par exemple, pour les calligraphies angulaires, le kufique tressé, où les hampes se mêlent, ou encore le kufique animé, dont les lettres se terminent par des visages humains et animaux.

Dans les cursifs, on distingue en général six styles canoniques :

– Le naskhi, l’un des premiers à se développer, rapide et lisible, très utilisé dans le monde arabe. Une de ses variantes, le maghribî, est usitée en Al-Andalus et au Maghreb.

– le muhaqqaq, en faveur sous les Mamelouks, penché vers la gauche.

– Le thuluth, également très utilisé à la période mamelouke en Égypte, qui se caractérise par la hauteur des hampes.

– Le rayhânî.

– Le riqâ’, proche du thuluth, qui sert uniquement dans des documents administratifs.

– Le tawqî’, à propos duquel on peut faire la même remarque.

Pour les langues étrangères qui sont différentes de l’arabe – persan, turc, berbère, ourdou, croate ou encore swahili- d’autres styles se développent, comme le nasta’lîq, écriture inclinée, mélange du naskhî et du ta’lîq, qui sert en particulier dans les manuscrits persans. La déclinaison en un vaste corpus de calligraphies n’empêche pas une unité rarement présente dans le reste de l’art islamique : l’écriture est donc un symbole fort d’unification et de distinction, qui mène parfois à la création de pseudo-calligraphies, illisibles, mais marqueurs forts d’une identité islamique.

Commencez par apprendre les quelques règles suivantes :

– Il faut dessiner une ligne simple, un trait continu horizontal. Les lettres seront tracées sur la ligne verticale.
– Ce qu’on nomme El Chakle est très importante, elle remplit joliment le dessin.
– La calligraphie c’est aussi des figures géométriques, dont il faut calculer l’emplacement et la taille.
– Une lettre n’est pas tracée de la même manière selon qu’elle se place au début, au milieu ou à la fin d’un mot. Au début et à la fin, l’extrémité de la lettre tend à s’allonger, alors qu’au milieu elle sera plutôt alourdie.
– La calligraphie repose plus sur la beauté des lettres que sur le sens, qui n’est d’ailleurs pas toujours compréhensible.

Outils pour la calligraphie arabe :

Le calame : l’outil principal de la calligraphie arabe : Les outils traditionnels avec lesquels on dépose le médium sur le support sont des calames. Le bec doit être coupé en oblique pour l’arabe, mais reste pointu pour le style maghrébin. Dans tous les cas, on doit s’habituer à tailler soi-même le bec, non seulement pour obtenir la largeur désirée, mais aussi pour lui redonner de la fermeté après un certain temps d’usure.

Le calame

L’encre : La calligraphie avait connu un grand nombre d’encres noires à base principalement de trois substances différentes : carbone, noix de galle, produits chimiques. La fabrication de l’encre faisait autrefois partie des connaissances techniques indispensables au maître d’école, et toutes les anciennes méthodes d’écriture contenaient une recette pour fabriquer de la bonne encre noire. Aux temps modernes, sont apparues des encres chimiques qui volent son nom à l’encre de Chine. Elles donnent un noir opaque séchant très vite et restent stables.

Le papier : Celui-ci doit être d’un certain grammage pour s’adapter à l’encre et au roseau.

Brahim Karim

Brahim Karim avance : « J’ai découvert très jeune la calligraphie traditionnelle, qui est réalisée avec le Calame, un roseau taillé avec précision qui fait office en quelque sorte de porte-plume ! Au fil des années et de milliers d’heures de pratique, je suis parvenu à imposer mon style, classique certes au début mais teinté de judicieuses touches contemporaines et évoluant vers l’abstrait. Mes tableaux de style « Diwani », présentent un ensemble esthétique, à travers des traits encrés unis ou colorés, pleins ou déliés, droits ou arrondis, réalisés en souplesse et avec minutie, le tout associé à un graphisme émotionnel. Mais au-delà du simple visuel, les œuvres dévoilent des messages de paix, de tolérance, d’amour et de liberté : « Chaque tableau est né d’une citation qui m’a touchée ; de ces paroles universelles partagées qui parlent à tout un chacun ou tout simplement des mots ». Ce travail conjugue le volume, la forme, le graphisme aux mots dans une esthétique stylée, et contemporaine.  Les mots sont lâchés, les interprétations des tableaux sont libres. »

De gauche à droite :

1er tableau : « Je n’ai qu’un seul devoir, c’est celui d’aimer. » Albert Camus

2e tableau : « Je suis le lien que je tisse avec les autres. »

3e tableau : « La sagesse nous vient de la contemplation. » Chef indien

4 tableau : « Le soleil brille pour tout le monde. »

5e tableau : Les vents soufflent souvent là où les navires ne s’y attendent…

6e tableau : Sur la terre, il y a ce qui mérite la vie. » Mahmoud Darwich

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